Bonjour
Quatre concepts retenus, une plateforme qui installe QuébecVair dans le paysage publicitaire québécois avec fracas : la salle des trophées, le lit de Josée, le tatouage sur le cœur pis le petit gars avec le mauvais chandail. Voici comment on produit tout ça, poste par poste, piasse par piasse.
Réalisateur montréalais, Le Ged vit exactement à l'intersection dont cette campagne a besoin : la comédie publicitaire au timing chirurgical pis la culture pop d'ici. La force de « C'est gagnant-gagnant », c'est l'équilibre : assez quétaine pour être un ver d'oreille, assez maîtrisé pour rester une pub de marque. Le timing du « No way, José », le silence glacial autour de la table, le flegme de José devant sa thermopompe : en plein son terrain de jeu.
Aussi dans son coffre : BDC, Red Robin, Casino de Montréal, Etihad, pis des clips pour KNLO, Alaclair Ensemble, Koriass et Zach Zoya. Portfolio complet : iamged.com ↗
Les scripts de travail des quatre concepts retenus, tirés du document créatif. Cliquez sur chaque beat pour dérouler le script complet.


José Théodore est assis confortablement dans le lit des maîtres d'une maison de banlieue, sa thermopompe QuébecVair couchée à côté de lui comme sa partenaire de vie. Le hic : c'est pas son lit.


José entre dans une salle de trophées cossue, façon Temple de la renommée : boiseries riches, éclairage muséal, plaques gravées. Mais au lieu de coupes pis de trophées, ce sont des thermopompes QuébecVair alignées sur des socles.


Salon chaleureux, éclairage un peu dramatique comme une révélation. José, debout en robe de chambre de satin rouge-blanc-bleu façon CH, confie qu'il a le CH tatoué sur le cœur. Littéralement.


Souper de famille. Un neveu de 10 ans arrive à table avec un chandail des Bruins de Boston, le logo censuré cheap, pixelisé. Silence glacial autour de la table. Un « POUF » sourd : José apparaît dans la fumée, en complet aux couleurs d'un équipement de gardien.
Quinze secondes avec José qui « ASMR » la thermopompe. Une nouvelle idée axée plan produit, à la fois satisfaisante pis impossible à zapper. La référence est à écouter directement ici, le son dans les oreilles.
« Pourquoi ça marche : le jingle fait le travail de mémorisation. José fait le travail de crédibilité. Et le format sketch donne à la marque un univers extensible, capable de générer du contenu à l'infini sans jamais perdre son fil conducteur. »
Le document d'intention du réalisateur, intégré section par section : sa lecture des concepts, sa mécanique comique, son approche caméra, sa direction artistique pis son plan sonore.
J'ai lu les trois concepts et le fond est là. Y a du potentiel comique en masse : une situation absurde, José, le hockey, les bannières, une marque qui a pas peur d'être un peu quétaine « stylistiquement ».
« Le gardien du confort », c'est beau, c'est solennel. J'ai juste trouvé qu'il manquait quelque chose pour qu'on rie pour vrai : la première joke arrive à la seizième seconde, pis vingt-deux secondes de monologue tout seul sur un gars qui est pas acteur, c'est une grosse commande.
J'ai donc un peu viré le projet de bord. J'ai tout gardé : le hockey, les bannières, la mise en place. J'ai juste déplacé la pression : de José vers la situation. Je l'ai mis dans la seule pièce que tout le monde au Québec a déjà vécue, le salon d'un gars qui te montre son mur de fierté et qui te laisse pas partir. José a plus rien à porter, il a juste à être exactement ce qu'il est. C'est le monde autour de lui qui fait le levier comique.

« Un huis clos de trente secondes. Deux gars, une pièce, pas de porte de sortie. C'est une ode au joueur qui a jamais lâché. »
L'objectif, c'est de faire une pub de thermopompe qui se fait pas zapper. Pas un spot qu'on retient : un spot qu'on aime, un spot mémorable! Pour y arriver, on tient trois arcs.
Le film sera pas juste drôle. Y va être plein de détails et de sous-textes qui récompensent le deuxième visionnement : les plaques de laiton gravées en vocabulaire de gardien, le vrai trophée de hockey oublié dans le coin avec des bonbons dedans.
C'est un spot de trente secondes qui a l'air d'une scène.

Trois échelons, puis à chaque échelon on découvre que c'est plus profond qu'on pensait. Y s'attribue les arrêts. Y leur donne des noms. Y fait une minute de silence pour celle qui a été échangée.
Personne dans le cadre sait que c'est drôle. José y croit à 100 %. Le voisin est juste poli. Le jour où quelqu'un joue comique, on est morts.
La meilleure joke du film coûte pas un mot. Trois secondes de recueillement, pis les bannières qui s'écrasent dedans.
On ouvre sur un mur de salon. Boiseries, foyer, plaques de laiton. Cinq formes montées à hauteur de tête, on met une seconde à comprendre que c'est des thermopompes.
José est assis dans son La-Z-Boy. Un homme est debout, manteau encore sur le dos. Il regarde la porte.
José commence à raconter son mur. Celle-là, l'hiver 2012, vingt-trois jours en bas de moins trente. « Je l'ai arrêté. » Le voisin essaie de partir. José, sans même le regarder : « Assis-toé. » Y s'assoit.
Deuxième unité. « Lui, c'est Roger. » Un silence. « Y'a jamais lâché. »
Le travelling arrive au bout du mur : un support de montage vide. La plaque est là, l'appareil est pas là. José se lève. « Lui… on l'a échangé en 2015. » Y baisse la tête. Le voisin sait pas quoi faire. « Debout. »
Là, tête baissée, l'homme lève juste les yeux vers la caméra. Y nous cherche. José, yeux fermés : « Respecte. » Dans le silence, BANG. Les trois bannières s'écrasent du plafond au-dessus des deux gars recueillis. Personne lève la tête. José livre les RTB sans bouger d'un poil.
L'homme ouvre un œil. Il remarque un objet qui tient la porte ouverte : un trophée Vézina, poussiéreux. Il regarde finalement José. Il entre une machine Interac dans le cadre en faisant signe de payer… « TIP ». C'est ainsi qu'on réalise que l'homme était tout ce temps un livreur de bouffe du genre UBER.


On coupe sur un beau plan produit de son plus beau trophée : la thermopompe QuébecVair sur un piédestal, éclairée comme le trophée ultime de la collection.
Un super apparaît.

« QuébecVair. La nouvelle dynastie de thermopompe. »
On traite le jeu en deux temps : avant la minute de silence, pis après.
Avant, on est dans un salon normal. Un gars raconte ses affaires, l'autre écoute poliment. Personne joue drôle, personne appuie. C'est plate au bon sens du mot : c'est crédible.
Après « Debout », on bascule. Deux hommes debout, tête baissée, devant un support de montage vide. Le jeu change pas, mais le contexte devient absurde tout seul. C'est là que le film décolle, pis c'est le moment où personne doit avoir l'air de trouver ça drôle.
Briser le quatrième mur est une idée que je caresse : le voisin nous cherche des yeux, et il ne trouve personne. On devient son seul témoin, et on ne peut rien faire pour lui.

JOSÉ. Il ne joue pas un personnage. Il parle de sa carrière avec le sérieux d'un gars qui parle de sa carrière. Toute la direction que je vais y donner : un vrai souvenir à penser avant chaque prise, pis le mot « plus lent ». Il ne regarde jamais son voisin une seule fois. Ses quatre ordres, Assis-toé, Debout, Respecte, Prends-en un, sont donnés sans un regard pis sans monter le ton. On garde la porte ouverte pour de la voix off : on dépend jamais du son sync d'un non-acteur.
LE LIVREUR. Le rôle le plus dur du film : il porte la moitié des rires. En duo, il n'y a plus de filet : s'il est mauvais, le spot est mauvais. Ça prend un vrai comique capable de jouer parfaitement droit. Un gars ordinaire, poli, mal à l'aise, qui essaie de partir sans jamais être bête. Aucune réplique de plus de six mots : tout se joue dans le corps. Le manteau qu'y enlève jamais, le Tupperware qu'y lâche jamais, les coups d'œil vers la porte, vers la caméra. C'est là que l'argent de casting s'en va.
LE PERSONNAGE RÉCURRENT. Le livreur, c'est notre deuxième personnage récurrent. D'un film à l'autre, il est encore là, comme s'il avait jamais réussi à se faire payer. Le film anthem l'établit; dans les 15 secondes, il devient le punch. Pis il finit toujours par sortir son terminal. La première fois, c'est une révélation. Après, c'est une retrouvaille : au deuxième spot le monde le reconnaît, au troisième y le cherchent dès la première seconde. Trois secondes par film, pis ça transforme une série de pubs en rendez-vous.


Un seul mouvement porte le film : un travelling latéral, lent, le long du mur, jusqu'au support vide. La salle s'établit pas dans un plan large, elle se révèle au rythme de l'escalade. Un échelon = une unité de plus = un pas de plus vers l'absurde. Le monde découvre la pièce exactement à la vitesse où José perd contact avec la réalité.
Le travelling s'arrête jamais franchement : il ralentit sur chaque punch pis y repart après. Il respire avec les jokes.
À travers cette montée absurde, on coupe au voisin. C'est lui qui fait monter la pression. Chaque fois que José raconte une unité, on va chercher sa face. Lui, il dit rien, il fait rien : c'est exactement ça qui est drôle. Puis, les valeurs se resserrent d'un échelon à l'autre : plan moyen sur l'hiver 2012, plus serré sur Roger, gros plan sur le support vide. Le cadre rétrécit à mesure que José s'enfonce. Le crescendo est dans les valeurs, pas dans le débit.
Le malaise, lui, n'est pas dans la coupe : il est dans la longueur. On reste sur le voisin une seconde de trop, pis une seconde de plus à chaque fois, jusqu'à ce que ça devienne inconfortable. C'est là qu'il lève les yeux vers la caméra.
On tourne à deux caméras : la A fait le travelling sur le mur, la B reste collée sur le voisin. On va chercher ses vraies réactions à José au lieu de les faire rejouer après.


On tourne ça comme un drame. Pas de zoom sur une joke, pas de cut rapide, pas d'angle « comique ». Le jour où l'image essaie d'être drôle, plus personne l'est. Pis on coupe jamais sur la ligne : on coupe après le silence qui suit.
Sphérique, longues focales à partir du 50 mm, faible profondeur. On isole les faces, le mur reste flou pis présent. Jamais de plan large comique qui montre toute la joke d'un coup. Le large dit l'absurde, le serré dit la sincérité.
Motivée, chaude, tungstène. Le foyer, deux lampes, pis les p'tits éclairages de tableau au-dessus de chaque unité. Une lumière de musée sur un électroménager : la joke se fait toute seule, sans qu'on l'appuie. Le reste tombe dans le brun. Sauf quand les bannières descendent : trois secondes de rouge-blanc-bleu dur pis saturé, pis on revient au feu.
Une pièce, un décor, c'est tout le film. Un salon de trophées de banlieue : cossu mais pas riche, boiseries foncées, foyer au bois, La-Z-Boy en cuir usé, une partie de hockey qui murmure sur une TV qu'on voit jamais.
C'est crédible avant d'être drôle. Si ça a l'air d'un plateau, la joke devient une joke de pub. Le décor fait aucune joke. Les thermopompes sont installées propre dans des encastrés lumineux comme des trophées. L'absurde vient de la rigueur.
LE MUR. Thermopompes, chacune avec son p'tit éclairage de tableau et sa plaque de laiton gravée. Dans le présentoir, un support de montage tout nu. La plaque est là, l'appareil est pas là. On voit son empreinte laissée par le temps.
LES COULEURS. Tungstène, noyer, laiton, boiserie, cuir oxblood, braise, brun profond. Que du chaud, que du vieux, que du sombre. Pis trois secondes de rouge-blanc-bleu dur pis saturé quand les bannières tombent : la seule fois du film où on sort du foyer.



La meilleure idée du son, c'est un trou.
Pas de musique sous la scène. Pas une note. Une trame comique dit au monde quand rire, pis c'est la façon la plus rapide de pas les faire rire.

Une game de hockey qui murmure sur une TV qu'on voit jamais. Le feu. Des glaçons dans un verre. Rien d'autre.
À la minute de recueillement, on coupe tout. La TV, le feu, l'ambiance. Trois secondes de vide quasi total, juste la respiration des deux gars. C'est le moment le plus cher du spot et il ne coûte rien.
Les bannières arrivent dans ce vide-là. Swoosh cheap, mécanique de gymnase, brillance d'infopub des années 90. C'est fort, c'est laitte, c'est parfait. Et la voix de José continue par-dessus, calme, comme si de rien n'était.
Deux fois, pas plus. Le stinger d'ouverture pis le coup final sur le plan héro. Le reste du film a pas de jingle, c'est ça qui rend les deux coups efficaces.
Production, coordination, repérages, casting pis PPM. Tout ce qui fait qu'un tournage de 2 jours roule comme une machine.
Réalisation, direction artistique, équipe technique, équipements, locations pis régie pour 2 jours de tournage.
Montage des 4 spots, couleur, motion, jingle original, mix TV, adaptation radio pis toutes les déclinaisons.
Notes. Taxes en sus. Le cachet de porte-parole de José Théodore, ses droits d'utilisation pis le placement média sont négociés séparément et ne font pas partie de ce devis. La contingence de 1 500 $ couvre les imprévus de plateau; si elle n'est pas utilisée, elle n'est pas facturée.
Chaque projet vit dans Koloc Cloud, notre espace partenaire : intention de réalisation, stylisme, direction artistique, versions vidéo, commentaires timecodés, contrats, call sheets, échéancier et livrables. Voici à quoi ressemblera le portail QuébecVair.
Un seul endroit pour toute la campagne : du jingle jusqu'à la livraison des masters.
Une comédie réglée au quart de seconde. On assume le quétaine du jingle sans jamais rire du produit : lumière chaude, cadres propres, José flegmatique au centre du chaos. Le sérieux poussé jusqu'à l'absurde.
Sincère, confiant, jamais ironique. Le punch vit dans le silence après la réplique. Coup de sax final obligatoire.
TV · 16:9
30 s + 2 × 15 s
35mm · 50mm · 85mm
L'étalonnage est nickel. Approuvé.
Jingle à -3 dB sous la réplique finale.
L'étalonnage est nickel sur cette version. La lumière du plan d'ouverture est exactement ce qu'on cherchait. Approuvé pour livraison.
Le timing du « No way, José » est parfait maintenant. On tient le silence deux frames de plus pis le punch tombe pile.
Bumper sonore à -3 dB sur la fin pour respecter le loudness broadcast. Je règle ça d'ici demain matin.
Logo final un poil plus long, 8 frames. Reste du cut OK.
Adaptation radio du jingle et du sketch, enregistrement studio, mix et versions. Le ver d'oreille voyage sans images.
Formats 6s, 15s, 1:1 et 9:16 pour Meta, YouTube et TikTok, plus endboards, bannières et éléments de marque animés.
On a les concepts, on a le plan, on a le budget au détail près. Il reste juste à donner le go pis à laisser José faire ce qu'il fait de mieux : gagner.
Le coup de sax final est parfait de même.